Ce déclic qui a changé ma vie

Hello tout le monde, aujourd’hui je vous viens pour vous parler d’un sujet diffèrent de ce dont je vous parle habituellement sur ce blog et surtout un sujet très personnel. En effet, je vais vous parler de ma descente aux enfers (oui rien que ça) et du « déclic » qui m’a poussé à me reprendre en main.

Ce sujet d’article a été proposé par Virginie Loÿ, la créatrice du blog une chose par jour, qui organise un évènement inter-blogueurs sur la notion du « déclic ». Bien évidemment j’y participe et cela pour deux raisons :

Tout d’abord par ce que ce genre de sujet me pousse à sortir de ma zone de confort en vous parlant d’autre chose (mais pas complètement déconnecté) que ce dont je vous parle habituellement et en vous dévoilant un peu (et même beaucoup 😉) de mon jardin secret.

La seconde raison est que je trouve le blog une chose par jour extraordinaire et que j’apprécie énormément le travail que Virginie fait pour aider les personnes en détresse. Je vous conseille fortement d’aller y faire un tour et de partager l’adresse autour de vous (ça pourra peut-être aider quelqu’un, on ne sait jamais).

 

Cela étant dit, revenons à notre sujet 😊

 

Le commencement

Je suis née en France mais mes parents, sont arrivés en France lors des premières vagues d’immigrations provenant du Maghreb (dans les années 70). Ma famille et moi vivions très modestement (mon père était manœuvre en maçonnerie et ma mère faisait quelques heures de ménage par-ci par-là). Mes parents ne savaient ni lire ni écrire et ne savaient pas non plus parler le français. Doc très jeune j’ai été responsabilisé car c’est moi qui avait la responsabilité de toute l’administration de la famille.

Cependant, mes parents avaient gardé leur base de l’éducation maghrébine des année 70 et c’est ce qu’ils appliquaient à la maison. La place de la femme était à la cuisine, et le but de la vie d’une femme était d’élever des enfants et rendre la vie plus facile à son époux. Mon seul lien avec le monde dans lequel je vivais c’était la télé (je n’en suis pas très fière aujourd’hui mais les livres ne se bousculaient pas chez nous). Et en regardant ces femme magnifiques, intelligentes, indépendantes sur notre téléviseur je me jurais que je ferais tous ce qui est en mon pouvoir pour être comme elles et sortir du chemin tout tracé au quel mes destinaient mes parents.

Et c’est ce que j’ai fait, contre l’opinion de ma famille (qui ne comprenait pas pourquoi), j’ai fait des études en économie (ce qui me semblait être la voie royale pour réussir à cette époque) ne quittant jamais mon objectif des yeux « devenir une femme épanouie, heureuse et indépendante ».

 

Début de la descente aux enfers

Durant mon cursus universitaire, ma mère c’est retrouvé seule et j’ai dû abandonner la fin de mes études pour retourner dans la petite ville où j’ai grandi. J’ai vécu ce retour au bercail comme un double échec. D’une part du fait que je n’ai pas pu aller aussi loin que ce que je souhaitais (j’ai dû dire adieu au monde doctoral) et en plus j’ai dû quitter une grande ville où tout était possible pour me retrouver dans ma ville de naissance où rien ne change, rien n’évolue…

Troisième échec, je n’ai pas trouvé de travail. Pendant deux ans j’ai erré comme une âme en peine (toujours dans la démesure, vous le savez maintenant 😉), sans but, sans projet, sans objectifs. Et pire encore, je n’avais aucun revenu (normale puisque je ne travaillais pas et que je sortais tout droits des bancs de l’école) et donc dépendais de la maigre retraite de ma mère. Je pense que là j’ai eu le coup fatal. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je me détestais, je voyais dans tous les regards, et surtout ceux de ma mère, la pitié, la déception (bien évidemment tout cela était dans ma tête). Comment ai-je pu en arriver là ? Quand est-ce que ce train, pourtant si bien rodé, a-t-il déraillé ?

 

Je ne pouvais pas aller plus bas

Mon échappatoire (ou plutôt celui que voyaient mon entourage) était le mariage… Alors oui, je ne constituais plus une charge pour ma mère (mais le problème à juste été déplacé). Au bout de quelque temps, vu mon état mental, mon époux et moi n’échangions plus rien (même pas des mots).

Et là encore un échec, une nouvelle douleur mais finalement on s’y habitus et on ne fait plus rien pour s’en débarrasser. Elle est continuellement présente, elle fait partie de nous, de notre quotidien insipide et sans intérêt. Finalement elle est la bienvenue car elle nous permet de voir qu’on existe encore, qu’on est encore humain…

 

Et la lumière fut

Puis un jours une nouvelle, un choque qui à ravagé mon cerveau, qui a fait trembler les murs de ma prison. Je n’étais plus seule, nous étions deux dans ce corps qui me répugnait au plus haut point. Un petit être était en train de se développer en moi.  Comment cela a-t-il bien pu arriver (oui, je sais comment c’est arrivé 😉 mais j’étais sous contraception depuis des années) ? Qu’est-ce que j’allais faire ? Comment pouvais-je élever, éduquer, offrir un avenir et des bases solides à un enfant si je n’étais même pas capable de bienfaisance envers moi-même ?

Me première réaction a été de m’enfermer et verser toutes les larmes de mon corps. Les semaines passaient et ma douleur augmentais. Une fois bien déshydratée 😊 et plus capable de verser une goutte de larmes, je me suis endormie un après-midi et j’ai fait un rêve (ça fait très cliché 😊 mais oui j’ai fait un rêve et le plus merveilleux qui soit). Dans ce rêve je tenais ce petit être dans mes bras et je ressentais un bonheur immense, comme jamais au paravent.  Peut-être que c’était là mon « déclic ». Une fois réveillée, j’étais complètement chamboulée, j’avais reçu un choc électrique. J’étais redevable envers ce petit être, je n’avais pas le droit de laisser aller, de ne rien faire et je décidais à ce moment de me confronter à mes nouvelles responsabilités. Si je ne le fais pas pour moi, et bien je le ferais pour lui. Je devais et j’allais me faire violence. Cet enfant méritait la plus belle et la plus douce des vies.

Et c’est à partir de là que j’ai commencé à reprendre ma vie en main. Chaque jour était un combat pour ne pas se laisser submerger par la dépression. Les jours qui ont suivi j’ai pris contact avec un spécialiste et est mis tout en œuvre pour aller mieux et repartir sur des bases solides.

J’ai commencé à faire attention à ma santé et à prendre soins de mon corps d’abord pour mon enfant, pour qu’il ait tout ceux dont il a besoins pour bien se développer. Puis c’est devenu une habitude et aujourd’hui je le fais pour moi et pour mon bien être (peut-être un peu trop mais vaut mieux ça que l’inverse, n’est-ce pas 😉). Puis avec l’aide de spécialistes, j’ai travaillé sur mon mental, sur mon équilibre psychologique, pour que mon sauveur (mon fils) puisse voir en moi une force qui va le guider, un pilier sur lequel il pourra s’appuyer en périodes difficiles…

Aujourd’hui je suis maman d’un petit garçon de sept ans qui respire la joie de vivre et je travaille dans une société de conseil économique (comme quoi tout peut arriver 😉). Tout s’arrange un jour ou l’autre, il suffit de le vouloir et d’y croire.

 

En complément de cette article hautement introspectif 😊, je vous conseille de lire un livre qui m’a beaucoup aidé pendant ma convalescence et que je reprends constamment aujourd’hui des que ça ne va pas trop et que je commence à me poser trop de questions : « Man’s Search For Meaning: The classic tribute to hope from the Holocaust » de Viktor E. Frankl. Ce livre à l’effet d’un coup de poing dans le ventre, A LIRE ABSOLUMENT !

 

 

Tout est dans la tête

Il est vrai que dans certains moments de notre vie tout peut paraitre obscure, rien ne semble aller comme nous le souhaitons. Avec quelques années de recul, par rapport à mon expérience, je pense définitivement que tout est une question de choix. Le choix de baisser le bras et de se laisser dériver comme un bateau ivre ou le choix de ne pas accepter la fatalité et de retrousser ses manches pour avancer même dans la difficulté.

Il est vrai que la première solution parait être la plus facile mais elle est au combien plus douloureuse. Finalement les échecs que nous subissons et qui nous font perdre pieds sont simplement des étapes que nous nous sommes fixés et que nous n’avons pas pu ou su dépasser. Mais rien n’est irréversible. Il est toujours tant de reprendre sa vie en main, de reprendre ces études là où nous les avions laisser, de changer d’environnement si celui qui nous entoure ne nous convient pas, …

De plus, nous avons la chance de vivre dans un pays où non seulement les soins et des spécialistes sont à disposition et faciles d’accès, mais aussi où la solidarité est présente notamment au travers d’associations, comme celle de Virginie et autre, où des bénévoles se démènent pour aider et réconforter les victimes et où les portes seront toujours grandes ouvertes (bravo à eux !).

Finalement je dirais que, pour moi, le « déclic » est le moment où nous prenons conscience que nous avons un pouvoir sur notre vie, quelles qu’elles soient, et en fonction du choix que nous faisons elle évoluera en conséquence.

 

Et vous avez-vous déjà eu un « déclic » ? Un « déclic » qui vous a fait prendre conscience de quelque chose ? Qui vous a poussé à vous battre ? ou tout simplement qui vous a guidé à un moment de votre vie ? Je serais curieuse de savoir. N’hésitez pas à me donner votre avis en commentaire et de partager votre expérience.

 

Sur ceux je vous souhaite une excellente semaine et vous dit à très vite

 

Ps : merci Virginie pour cette super idée de sujet, car mine de rien cette introspection soulage grandement…

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4 Comments

  1. Virginie Loÿ

    9 octobre 2017 at 9 h 37 min

    Merci Fatiha pour ce bel article très personnel.
    Je reprends cette phrase; “Avec quelques années de recul, par rapport à mon expérience, je pense définitivement que tout est une question de choix. ” C’est aussi ce que la thérapeute Anne-Laure Buffet fait remarquer dans une interview que je publie sur mon blog. On ne choisit pas d’être victime (de violence, de mauvaise éducation, d’accident etc), mais NOUS AVONS LE POUVOIR de choisir de nous en sortir.
    Merci pour ta contribution au carnaval d’article du blog Une chose par jour.

    1. From my souls

      9 octobre 2017 at 15 h 40 min

      Merci à toi Viginie.
      A très vite!

  2. Jérémy Legris

    27 octobre 2017 at 13 h 44 min

    Votre histoire est très touchante. Dans une moindre mesure (et je pèse mes mots), la venue au monde de mon premier enfant a également été un énorme déclic dans ma vie. Un déclic qui 6 ans après a transformé et transforme encore ma vie professionnelle et personnelle.
    En tout cas, c’est un magnifique témoignage de courage, d’abnégation et d’espoir.

    1. From my souls

      3 novembre 2017 at 11 h 58 min

      Bonjour Jérémy,

      merci pour ce commentaire. Oui, nos petites têtes blondes sont la plus belle motivation dans nos vies. Juste un sourire le matin et nous voilà prêt à affronter la journée…

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